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mardi, janvier 15, 2013

Mambassa : une guerre de trop dans laquelle on implique les délaissés de toujours

Province orientale, District de l'Ituri, à Mambassa, très tôt matin ce 10/01/2013, la population se réveille sous les bruits de bottes de fanatiques de Morgan. Coup de feu, maison brûlées, pillage s'en suivent. Dans une énorme débandade, la population s'enfouit dans la forêt oubliant tout ce que constitue sa maigre possession.


Sur les axes Mambassa-Beni et Mambassa-Komanda, des colonnes de personnes dont des femmes et des enfants, privées de tout, s'allongent. Une guerre de trop, inutile, sans fondement, coulée sur la folie inassouvie des utopies et des frustrations inaperçues. Dans cette situation, une centaine de femmes sont prises comme butin de guerre, violées et forcées d'accompagner avec peur leurs bourreaux. 30 mineurs et 40 femmes majeurs reviendront par miracle. Le soir du même dimanche, les FARDC lance la contre offensive contre la troupe de Morgan, récupère la ville et poursuivent les assaillants dans les forêts. Quelques femmes retrouveront le salut grâce à ce retournement de situation. Mais pour la première fois, cette situation met à nu la manipulation dont ont été victimes les populations Pygmées qui vivent. Ces derniers vivent la discrimination depuis des siècles et ruminent une colère impuissante contre l'exploitation dont ils sont l'objet. Morgan les auraient manipulé et leur auraient donné des armes pour rejoindre son camp et en faire un bouclier en cas de contre offensive de l'Armée gouvernementale. Plusieurs dizaines des Pygmées ont été arrêtés, armes à la main et conduits devant la justice, 8 d'entre eux ont été tués, faisant partie du camp de Morgan. Il est du devoir du gouvernement congolais de considérer que les droits des populations Pygmées sont inaliénables et de mettre en place des mécanismes de leurs respect et en vue de leur intégration. L'absence de volonté politique nationale à promouvoir leurs droits les rend fragiles et les disposent aux manipulations égoïstes des ceux qui ambitionnent le désordre et la mobilisation des frustrés du Congo.

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